Recherche·6 min de lecture·24 août 2026

Google a rendu l’essayage virtuel gratuit. Pas encore chez vous.

Le 30 avril 2026, Google a arrêté Doppl, son application autonome d’essayage virtuel, et a réintégré la technologie dans Search.

Ça ressemblait à un recul. Ça n’en était pas un. L’essayage virtuel de Google tourne désormais directement sur les fiches produits non sponsorisées et les résultats images mode dans Search, sans frais pour les marchands. Et selon la documentation Merchant Center : « tout marchand disposant d’un flux Shopping et éligible aux fiches gratuites est automatiquement inscrit à cette fonctionnalité. »

Automatiquement. Pas sur demande. Pas une bêta à laquelle on candidate.

Il y a un détail que presque personne ne mentionne, et c’est celui qui compte le plus si vous lisez ceci depuis Paris, Lyon, Dubaï ou Riyad.

L’essayage virtuel de Google est-il disponible en France ou dans le Golfe ?

Non. Pas encore. La documentation de Google liste 18 pays et régions : États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Hong Kong, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Mexique, Philippines, Singapour, Corée du Sud et Nouvelle-Zélande. Aucun État membre de l’Union européenne. Ni Émirats arabes unis, ni Arabie saoudite. Vérifié le 24 août 2026.

Mais relisez cette liste en pensant à vos marchés export.

Si vous expédiez vers le Royaume-Uni, les États-Unis ou le Canada — et beaucoup de marques françaises le font — vos produits apparaissent peut-être déjà là-bas avec un bouton d’essayage, généré à partir de vos images de flux, sans que personne ne vous ait prévenue. Vous n’êtes pas dans la fonctionnalité chez vous. Vous y êtes peut-être à l’étranger.

Ça vaut dix minutes de votre semaine.

Qu’est-ce que Google a réellement lancé ?

Un essayage virtuel gratuit, activé par défaut, sur les surfaces de Google. La cliente clique sur « Essayer » et téléverse une photo en pied. Ça couvre les chaussures, les hauts, les bas et les robes ; la lingerie, les maillots de bain et les accessoires sont exclus. Ça n’apparaît que sur les résultats non sponsorisés — pas sur les annonces Shopping. Il n’y a aucun réglage dans Merchant Center : se désinscrire suppose de contacter le support Google.

La chronologie de la catégorie dit à quel point c’était difficile : hauts et chemisiers en 2023, robes en septembre 2024, puis chemises, pantalons, jupes et robes en mai 2025.

Quand Google a étendu la fonctionnalité aux robes, l’entreprise a publié pourquoi c’était compliqué. Sur son propre blog, Google décrit les robes comme « souvent plus détaillées qu’un simple haut dans leur tombé, leur silhouette, leur longueur ou leur forme », et explique que son approche précédente pour remplacer un vêtement pouvait « estomper les traits de la personne ou masquer des détails importants de son corps », parce qu’une robe couvre bien plus de surface corporelle qu’un haut. Passer simplement à une résolution plus élevée n’a pas suffi non plus — Google indique que l’approche standard « entraînait souvent la perte de détails essentiels de la robe ».

Deux ans pour que l’équipe la mieux dotée du secteur passe du haut à la jupe. Utile à garder en tête quand on vous explique que l’essayage virtuel est un problème résolu.

Pourquoi s’en préoccuper si ce n’est pas encore là ?

Deux raisons, et la seconde devrait changer ce que vous faites ce trimestre.

Un : Google vient de fixer le prix de l’essayage virtuel à zéro. Pas sur votre marché aujourd’hui. Mais le sens de l’histoire est univoque — d’une poignée de pays à 18, du haut à la robe puis à la jupe, d’une application autonome vers Search lui-même. Quelle que soit la valeur de votre essayage sur site, partez du principe que la partie « génération d’image » ne vaudra plus rien d’ici deux ans.

Deux : vous avez une fenêtre que les marchands de 18 pays n’ont plus. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, « nous faisons de l’essayage virtuel » concurrence déjà quelque chose de gratuit, à un onglet de distance. En France et dans le Golfe, pas encore. Ce n’est pas une raison de se détendre. C’est une raison de décider maintenant à quoi sert vraiment votre expérience sur site — pour qu’au moment où Google arrivera, vous ayez déjà une réponse qui ne soit pas « nous aussi, on habille des photos ».

Que signifie le fait que la génération soit devenue gratuite ?

La génération d’essayage est devenue une infrastructure banalisée. FASHN la vend par API à des tarifs publiés bien en dessous d’un dollar l’image, et moins encore avec engagement. AWS propose VIRTUAL_TRY_ON comme type de tâche dans Amazon Nova Canvas sur Bedrock depuis juillet 2025, facturé comme un appel de modèle standard. Google la donne dans 18 pays.

Pendant ce temps, l’App Store Shopify s’est rempli. Nous avons passé en revue les applications d’essayage prêt-à-porter en août 2026 : la plupart n’ont aucun avis, et une large majorité a été lancée dans les douze mois précédents. Les prix tiennent dans une bande étroite — environ 8 à 20 $ pour l’entrée de gamme, 99 à 149 $ en haut, avec un dépassement autour de 0,08 à 0,16 $ par rendu.

C’est à ça que ressemble un marché banalisé au début d’une ruée. Celui dont l’argumentaire se résume à « nous faisons de l’essayage virtuel » revend quelque chose que trois géants du cloud donnent déjà ou vendent à prix coûtant.

Ce que l’essayage de Google ne pourra jamais faire

Il ne peut pas demander à votre cliente ce qu’elle cherche vraiment, et il ne peut pas répondre depuis votre catalogue. L’essayage Google est une étape de rendu accrochée à une fiche produit. Il ignore qu’il y a un mariage en octobre, il n’a aucune vue de votre collection, et aucune raison de composer une tenue plutôt que de montrer une robe.

Cet écart n’est pas une limitation provisoire. Il est structurel.

L’intérêt de Google est de répondre à la requête et de router le clic. Une conversation sur l’occasion précise d’une femme précise — mariage en extérieur, septembre, dans le cortège mais pas la mariée, pas envie d’avoir froid à 23 h, autour de 250 € — n’est pas une requête que Google veut posséder. Y répondre depuis le catalogue d’une seule marque est quelque chose que Google ne fera jamais, parce que cela reviendrait à choisir une marque.

C’est cette partie-là qui doit se passer sur votre site. Et c’est la seule qui mérite d’être payée.

Ce que nous ferions ce trimestre à la tête d’une boutique mode Shopify

Vérifiez votre exposition export. Si vous vendez dans l’un des 18 pays couverts et que vous êtes éligible aux fiches gratuites, vos produits y sont probablement déjà dans l’essayage Google. Allez regarder le rendu de trois de vos meilleures ventes.

Corrigez vos images de flux avant tout le reste. Google demande au minimum 512×512, idéalement 1024 px ou plus, une seule pièce sur un modèle ou un mannequin de face. Pour les prises à plat spécifiquement, Google conseille d’éviter les plis et froissements excessifs, et précise que les détails du vêtement ne doivent pas être masqués par des mains, un sac ou des accessoires. Ça améliore le rendu Google, votre propre fiche produit, et tout ce que vous ajouterez ensuite. L’heure la mieux investie de cette liste.

N’achetez pas un bouton d’essayage sur la foi d’une promesse de conversion. Regardez le sourcing de chaque chiffre qu’on vous montre. Nous avons audité les statistiques de la catégorie et publié ce que nous avons trouvé — la plupart n’ont aucune source traçable.

Demandez ce qui se passe avant l’essayage. Si la réponse est « la cliente trouve un produit et clique sur un bouton », vous achetez un widget qui concurrence déjà quelque chose de gratuit dans 18 pays, et qui le concurrencera bientôt dans le vôtre.

Mesurez l’adoption en premier. Pas le gain de conversion — l’adoption. Quel pourcentage des visiteurs de fiche produit utilise réellement la fonctionnalité ? Ce chiffre décide de tout le reste, et presque personne ne publie le sien.

FAQ

L’essayage virtuel de Google est-il disponible en France ?
Non, au 24 août 2026. La documentation de Google liste 18 pays et régions, dont aucun État membre de l’Union européenne. Les marchands français expédiant vers des marchés couverts (Royaume-Uni, États-Unis, Canada) peuvent toutefois voir leurs produits y apparaître avec un essayage.
Est-il disponible aux Émirats ou en Arabie saoudite ?
Non, au 24 août 2026. Ni l’un ni l’autre ne figure dans la liste publiée par Google.
Google facture-t-il l’essayage virtuel aux marchands ?
Non. La fonctionnalité s’appuie sur les fiches produits gratuites, non sponsorisées, et la documentation indique que tout marchand disposant d’un flux Shopping éligible aux fiches gratuites y est automatiquement inscrit.
Comment se désinscrire ?
Il n’existe pas de réglage en libre-service dans Merchant Center. Google indique de contacter le support client via le menu d’aide de Merchant Center pour faire retirer le bouton d’essayage des fiches.
Quels produits sont concernés ?
Chaussures, hauts, bas et robes. La lingerie, les maillots de bain et les accessoires sont exclus. La fonctionnalité apparaît sur les résultats produits non sponsorisés et l’onglet Shopping, pas sur les annonces Shopping.
Quelle qualité d’image Google exige-t-il ?
Au minimum 512×512, idéalement 1024 px ou plus, montrant uniquement le vêtement concerné, sur un modèle de face, bras le long du corps. Pour les prises à plat, éviter les plis et froissements excessifs. Ne pas masquer les détails avec des mains, un sac ou des accessoires.
Google a-t-il arrêté son application d’essayage ?
Google a arrêté Doppl, son application grand public autonome, le 30 avril 2026, et a redirigé les utilisateurs vers l’essayage intégré aux fiches produits et aux résultats images mode dans Search. La technologie a été consolidée, pas abandonnée.

Sources. Aide Google Merchant Center, essayage virtuel pour les marchands (consultée le 24 août 2026) · Aide Google Merchant Center, exigences d’images pour l’essayage virtuel · Google Labs, avis d’arrêt de Doppl · Blog Google Shopping, « Virtual try-on for dresses », 5 septembre 2024 · TechCrunch, « Google expands AI-powered virtual try-on tool to include dresses », 5 septembre 2024 · AWS, mise à jour Amazon Nova Canvas virtual try-on, 2 juillet 2025 · Tarifs API publiés par FASHN · Fiches App Store Shopify consultées le 24 août 2026.

Dernière mise à jour : 24 août 2026.

S
Sami
Fondateur de Jedid. Écrit ici quand un chiffre de cette catégorie ne tient pas, ou quand une conviction mérite d’être défendue publiquement.

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